Monsieur Balaramine BICHAT, président de l'Association des Retraités Militaires de Pondichéry m'avait, à l'occasion d'un Congrès de la CNRM, parlé de son projet de restauration du Foyer du Soldat de Pondichéry. C'est avec enthousiasme que le Conseil d'Administration de l'Union des RM de la Gironde avait adopté ma proposition d'une contribution financière, imité d'ailleurs en cela par l'ARM des Landes.
J'avais suivi avec intérêt l'évolution des travaux, mais ce fut pour moi une divine surprise de recevoir début octobre 2010 une invitation à assister à l'inauguration de ce foyer rénové qui avait lieu le 11 Novembre. Ma décision fut vite prise, confortée d'ailleurs par les Présidents Ingouf et Berder me demandant de représenter la CNRM.
Avec mon épouse, je débarquai donc le 9 Novembre à 8 h 15 à Madras, un peu sonné quand même par cette longue nuit de voyage et par déjà la touffeur environnante. L'excellent Monsieur Bichat m'avait envoyé une voiture avec chauffeur et une enveloppe contenant son numéro de portable et quelque argent pour éventuellement me dépanner.
Ayant traversé les Indes en voiture 40 ans auparavant, c'est avec plaisir que je me retrouvais au milieu de cette circulation quelque peu anarchique pour un européen, avec vaches et chèvres s'appropriant la chaussée, vélos, enfants débouchant de partout, voitures doublant indifféremment à gauche ou à droite, camions dégageant parfois d'épais nuages d'échappement.
Cela ne nous empêcha pas de somnoler pendant les 3 heures de trajet pour Pondichéry !
Monsieur Bichat nous avait réservé une chambre tout-à-fait confortable dans un hôtel tenu par l'Ashram d'Aurobindo et situé sur le front de mer. Après sa visite, ce fut une longue sieste réparatrice, il ne fut même pas question de déjeuner et notre première sortie fut, le soir, une promenade sur le « boulevard Goubert », très belle avenue qui longe le golfe du Bengale. Une foule bon enfant profitait de la fraîcheur en déambulant le long de l'océan, la circulation automobile était interdite, y veillait particulièrement les policiers locaux dont képis rouges, fourragères et chevrons en rappelaient d'autres !
Après un excellent repas au « Promenade » nous replongeâmes jusqu'au matin dans un sommeil réparateur. Décidément, nous n'avions plus 30 ans !
Le 10 Novembre, donc, nous pûmes visiter le Foyer du Soldat. Et là, les mots me manquent pour décrire la qualité de cette restauration. J'avais vu les photos avant le début des travaux, avec les murs lépreux, moisis, la terrasse percée qui laissait passer la pluie et pourrissait les poutres du plafond.
Maintenant nos 3 couleurs flottaient sur un bâtiment qui paraissait comme neuf. Le dallage, tant de la terrasse que de l'intérieur, était de marbre. Les murs étaient décorés de photos de nos présidents de la République, depuis De Gaulle, particulièrement honoré, jusqu'au Président Sarkozy, de nos Maréchaux, De Lattre de Tassigny, Leclerc, du Général Bigeard, récemment disparu. Une reproduction de « La Dernière Cartouche » réjouissait particulièrement mon âme d'ancien membre des Troupes de Marine. Une grande plaque de marbre citait tous les donateurs. Au plafond, la blancheur tranchait avec le foncé des poutres qui avaient été toutes changées. C'était vraiment une excellente restauration et j'étais vraiment heureux d'en apprécier « de visu » la très grande qualité.
Je passe sur la découverte de « Pondi », ses rues à dénomination toujours française, son parc, le consulat, ses habitants pleins de gentillesse, le magnifique spectacle de danses indiennes vues le soir pour en arriver au 11 Novembre.
Il y eut d'abord une très belle messe, en français, dans l'Église Notre Dame des Anges, située rue Dumas, et sur le parvis de laquelle se trouve la statue de Jeanne d'Arc. La chorale, essentiellement des enfants, chantait en un français parfaitement audible. La petite sœur de Cluny, qui la dirigeait et que j'allais féliciter, m'apprit qu'elle avait 400 élèves ! Il faut dire aussi que les sœurs de Cluny enseignent l'art de la dentelle et vendent leur production.
Le Monument aux Morts de Pondichéry, situé sur le front de mer, est très beau. J'ai rarement vu une telle ferveur pour un 11 Novembre. Outre la fanfare de la police, il y avait une nombreuse assistance, de nombreux porte-drapeaux. De nombreuses associations déposèrent des gerbes, j'eus l'honneur, avec Mr Bichat, d'en déposer une au nom de la CNRM. Le seul ennui, ce fut la pluie de mousson, une véritable douche, nous étions trempés, mon costume était à tordre et pour la suite des événements je dus emprunter la veste de Mr Bichat junior, venu spécialement de France pour honorer son père!
Vers 11 h eut lieu l'inauguration officielle du Foyer du Soldat, en présence de nombreuses personnalités, tant françaises qu'indiennes, tant militaires que civiles, dont le Gouverneur de Pondichéry, l'attaché militaire français auprès de l'Ambassade de France et le Consul de France. J'y lus le message du Président Berder et remis à Mr Bichat la médaille de la CNRM qu'il décida de déposer dans la vitrine du Foyer.
Je passe rapidement sur la suite des évènements, la réception le soir au consulat de France (concert, champagne et petits fours !), l'excellent dîner offert le lendemain par Mr Bichat à ses amis et collaborateurs dans cette magnifique entreprise de la rénovation du Foyer du Soldat, ainsi qu'à quelques personnalités et donateurs.
Je dois mentionner aussi les repas pris, je dirais « en famille », la chaleur de l'accueil que nous firent Madame et Monsieur Bichat. Le 14 Novembre, nous avons quitté Pondichéry pour un circuit touristique très réussi, en grande partie organisé avec le concours de ce précieux ami que, tout au long de notre séjour aux Indes, nous sentions présent et toujours prêt à nous aider.
Cher Monsieur Bichat, à vous et votre épouse, nos plus vifs remerciements et toutes nos félicitations pour le travail accompli au Foyer du Soldat
Philippe DELATTE
Président d'Honneur de l'URM 33
